DéroulementEn quatre séquences et d’une durée totale de 8minutes, Stéphanie Kristofic s’enferme dans un cube de toile translucide rétro-éclairé avec un danseur, dont les 4 faisceaux lumineux fragmentent et démultiplient le corps. Elle s’inspire de ses mouvements en live pour tracer tout d’abord des axes d’intention, puis enduit le corps du danseur de peinture, afin ensuite de le porter pour venir l’imprimer dans les toiles, suspendu dans des postures en déséquilibre. L’empreinte, plus ou moins abstraite, plus ou moins charnelle, qui en découle, sera soulignée enfin par des projections de peinture. Le déroulement autant que le résultat de la performance laissent une grande place au hasard et à la contingence, puisque les mouvements ne sont jamais les mêmes, et que les traces qu’ils engendrent seront toujours très différentes, étant le résultat des postures du danseur, de la qualité des « portés », de la quantité et de la fluidité de la peinture appliquée sur la toile et sur le danseur. Le spectateur assiste en quelques sortes à l’envers du décor, puisqu’il est à l’extérieur du cube. Il perçoit les ombres fragmentées du danseur et du peintre, puis voit la peinture s’étaler sur les toiles par transparence, et enfin assiste à la fusion des corps du danseur et du peintre contre la toile qui laisse l’empreinte du corps du danseur. Un pan incliné laqué noir reflète en plafond ce qui se passe à l’intérieur du cube et permet au spectateur d’être le voyeur du processus. |
Pistes pour les prochaines performances« Il y a tant de choses que je souhaite expérimenter selon le même principe……en venir à des positions fortuites, issues des indications des spectateurs. Amener les spectateurs à poser leurs mains sur l’envers de la toile et obéir à ce que nous voyons depuis l’intérieur du cube. Axes et lavis selon les positions des mains du public, axe du corps du danseur suivant les mains du public, contact du corps du danseur avec les mains du public à travers la toile. …jouer avec l’idée de fugacité et la perception de la rapidité, en utilisant les cadres comme une fragmentation non uniforme : par exemple, avoir tout d’abord 3 cadres de 40cm de largeur, puis un de 80cm et enfin un de 1m20, afin de créer une impression de rythme : ralentissement / accélération. … suspendre le corps du danseur, afin de s’affranchir des lois de la gravité et ainsi pouvoir davantage le manipuler et jouer avec son corps, mon pinceau. … multiplier les danseurs et créer des interactions entre eux. … travailler sur le côté sensoriel, sur le fait qu’en peignant je suis dans un état d’empathie totale avec mon sujet, et que je ressens physiquement ce que ma main représente. Accentuer la fusion entre le(s) danseur(s) et moi à l’instant de l’empreinte. … enfin être plus proche de l’état impulsif que j’atteins lorsque je travaille en atelier. Faire un travail sur moi-même pour laisser apparaître mon énergie, ma sensibilité, ma folie peut-être, qui ne se manifeste que dans mon atelier. » |






