(Exposition à la Galleria Dell’Arte, à Hésingue, Septembre 2002)
L’Afrique au coeur
La Galleria Dell’ Arte expose à partir du 13 septembre et jusqu’au 10 octobre, les œuvres de Stéphanie Kristofic. Un voyage au rythme des danses traditionnelles africaines.
Chez Stéphanie Kristofic, l’Afrique, c’est une passion. Toute petite déjà, elle se souvient des objets rapportés du continent noir par son oncle, qui y a vécu pendant dix années. Ce contact avec une culture millénaire a contribué à entretenir chez elle une certaine fascination pour le mystère dont est encore entourée cette terre ancestrale. Partie deux mois au Sénégal, elle s’est également rendue au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, où elle a séjourné chez des Griots, une famille d’artiste au rôle primordial. « Ce sont eux eux qui dans leur village connaissent le mieux la généalogie des habitants. Ils sont en quelque sorte la mémoire de la communauté », explique-t-elle.
Grâce naturelle
Architecte d’intérieur, Stéphanie Kristofic a suivi les cours des Beaux Arts de Dijon. Depuis un peu plus d’un an, elle consacre beaucoup plus de temps à la peinture, passion qu’elle concilie avec son amour de l’Afrique, et plus particulièrement des danses traditionnelles de ce continent. « Les Africains sont beaucoup plus à l’écoute de leur corps que nous, raconte Stéphanie. Ne disposant pas de notre confort, ils sont plus proches de leur corps à l’état naturel. Quand ils parlent, par exemple, ce n’est pas juste avec leur voix, mais avec tout leur corps ».
Expression corporelle par excellence, la danse a particulièrement retenu l’attention de l’artiste, qui en a fait l’un des sujets de prédilection de ses toiles. « Les Africains ont une sorte de grâce naturelle, c’est particulièrement flagrant lorsqu’ils dansent. Chacune de leurs danses traditionnelles a un sens. Certaines ne sont exécutées que lors des mariages, d’autres lors des baptêmes ou à l’occasion des rites d’initiation. » L’une de ces danses traditionnelles, appelée Dumdumba (danse des hommes forts), est pratiquée lorsqu’un adolescent s’apprête à passer à l’âge adulte. Celui-ci entame alors une chorégraphie destinée à prouver sa force, en exécutant des mouvements faisant ressortir ses muscles.
Couleurs terreuses et éclatantes
« J’ai toujours été fascinée par le corps humain, la façon dont il bouge selon des axes de contorsion et d’étirement. Les danses africaines se prêtent merveilleusement bien à mes peintures, où j’essaye de faire transparaître un sentiment de force, de puissance, mais aussi une certaine grâce et une séduction », explique l’artiste. Les corps de ses danseurs s’étirent ainsi au fil de ses toiles dans de merveilleuses contorsions, au milieu de couleurs terreuses, chaudes ou éclatantes, « comme on en voit partout en Afrique ».
Au couteau et à la spatule, Stéphanie saisit toujours le mouvement sur le vif, à l’aide de croquis rapides. « Les sujets qui posent ou le travail sur photo ne m’intéressent pas, souligne –t-elle. Cela enlève totalement le côté instantané et furtif de la danse ». Après avoir déjà exposé ses œuvres en Allemagne, à Mulhouse ou à Saint Louis, elle présentera une vingtaine de toiles jusqu’au 10 octobre à la Galleria Dell’Arte, à Hésingue.
Stéphane Cardia
DNA